VIS MA VIE D’ENTREPRENEURE : MES DÉBUTS

Aujourd’hui, j’ai eu envie de laisser mon tablier en cuisine (non, je ne cuisine pas avec un tablier, mais je trouvais juste que cette phrase sonnait bien ^^ !) pour vous parler d’un sujet tout autre : mes débuts d’entrepreneure. Je vous préviens, les lignes qui vont suivre sont (presque) sans filtre, je vous parle de mon expérience personnelle et de la face cachée de l’iceberg de cette belle aventure qu’est de se lancer à son compte. Car contrairement à ce qu’on nous fait miroiter, être à son compte, ce n’est pas être sur une plage à Bali avec son Macbook, à envoyer quelques mails entre 2 cours de yoga ! Devenir entrepreneur(e), ça ne se fait pas en un claquement de doigts et ce n’est pas toujours facile.

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COMMENT J’EN SUIS ARRIVÉE LÀ ?

Pour planter rapidement le décor, petit flash back (bruit d’une cassette qui se rembobine). On est fin 2019. J’ai quitté mon CDI de cheffe de projets chez un traiteur en région parisienne. Avec ma moitié, on embarque le 9 janvier 2020 pour un aller simple pour le Mexique. Au programme : pas de programme justement, mais un an devant nous pour kiffer, découvrir le monde avec notre sac à dos, faire plein de rencontres et manger plein de spécialités locales (très important !). Bref, sur le papier ça semble génial. Et ça l’était…jusqu’en mars 2020. (Vous voyez où je veux en venir ?).

Vla donc le Covid qui s’invite, qui nous balance dans un avion et qui nous ramène à la case départ, en France. La suite en accéléré : confinement à la maison en Normandie, on est complètement perdus, remise en question quasi-quotidienne. Finalement, on se décide : le voyage ce sera pour plus tard (grande tristesse) et on pose nos valises à Lyon à la fin de l’été 2020. Monsieur a trouvé un poste et moi, et bien moi, je ne sais pas. L’activité événementielle est au point mort et les perspectives de reprise sont plus que nulles à ce moment-là.

DE LA CRÉATION DE MON BLOG…

Je ne vous cache pas que les premières semaines à Lyon ne sont pas évidentes. Après l’excitation de l’installation, les retrouvailles avec les amis, le quotidien me rattrape. Mon cher et tendre commence son travail et je me retrouve seule la journée, sans but précis. Moi qui ai toujours su ce que j’allais faire, qui ai besoin d’avoir des projets pour avancer, je vous garantis que ce n’était pas simple. Je suis tombée dans le cercle vicieux des journées pyjama-télé-Instagram-pâtes et tablettes de chocolat. (Je vous avais dit que ce serait sans filtre !). Pourtant, cette période m’a donné quelque chose que je n’avais pas vraiment eu avant : du temps pour penser.

Ça peut sembler stupide mais lorsqu’on est pris à 200 à l’heure dans sa vie, on ne prend pas de moment pour se poser et réfléchir. Alors que là, j’ai eu largement le temps. Résultat, je sortais tous les soirs des dizaines d’idées à mon chéri quand il rentrait du boulot. Au fil des jours, j’ai réussi à faire le tri dans toutes ces idées. (Comprenez : en dégager les trois quart ; non, je n’étais peut-être pas faite pour tenir une boutique zéro déchet, ni devenir décoratrice d’intérieur !). J’ai finalement décidé de créer mon blog de cuisine.

Et honnêtement, c’est une des meilleures décisions que j’ai prises ces dernières années. Je suis partie de zéro, sans aucune connaissance, je me suis formée et en quelques semaines, j’ai réussi à mettre en ligne un blog de recettes qui tient la route et qui me plait. Alors ce que ces lignes ne disent pas, c’est que derrière tout ça, il y a évidemment eu des crises de larmes, des « de toute façon je suis nulle, j’y arriverai jamais » et j’en passe. Je crois que ce qui m’a entre autre fait tenir, c’est que j’ai commencé ce blog pour une motivation toute simple : l’idée de créer un projet à moi.

…AU LANCEMENT DE MA MICRO-ENTREPRISE

Je me suis très vite prise au jeu du blogging. Imaginer des recettes, écrire les articles, et surtout, prendre des photos qui donnent envie. (Je pense d’ailleurs rédiger un article prochainement sur les coulisses du blog). Tout ça me procurait beaucoup de plaisir au quotidien. Honnêtement, je pense que ce blog a été ma thérapie pour faire le deuil de notre projet de voyage d’un an autour du monde. Il m’a donné un but le matin en me levant, et c’est quelque chose de teeeeellement important !

Au bout de quelques semaines, je me suis dit que ce serait top de pouvoir faire un métier autour de cette activité. Et après quelques recherches et échanges avec des personnes, 3 mots sont ressortis : styliste et photographe culinaire (ok, y’a 4 mots mais je ne compte pas le « et » !). Super, mais je fais quoi maintenant avec tout ça ? Bah allez, je me lance !

SE LANCER (SE NOYER ?) DANS LE GRAND BAIN : MES DÉBUTS D’ENTREPRENEURE

Et c’est là que tout commence vraiment. Parce que passer d’un loisir à une activité professionnelle, il y a un mur énorme, que je me suis pris en pleine figure. D’ailleurs, je suis toujours entrain de l’escalader au moment où j’écris ces lignes. Pourtant, j’en ai fait des choses : j’ai eu un accompagnement par la CCI, j’ai rencontré des stylistes et photographes culinaires de la région, je me suis formée. La formation tiens ! Quel piège ! Parce qu’à force de se former, on retarde l’échéance, le moment fatidique où il va vraiment falloir se confronter au marché, trouver des clients. Mais ça rassure de se former. Sauf qu’à un moment, il faut sortir de la théorie pour passer à la pratique. Et ça, c’est super difficile. Parce que le client ne vous attend pas devant votre porte avec des super projets. Haha, ce serait trop beau !

Bref, me voilà maintenant pas trop mal formée, j’ai progressé en photos, je suis fin prête mais, j’ai peur. Je doute, je me dis que je ne suis pas capable, que je ne suis qu’une débutante. Et voilà qu’arrive ce fameux syndrome de l’imposteur avec ses gros sabots ! Et il est bien coriace celui-là, il s’accroche. Le pire dans tout ça ? Quand on pense avoir réussi à s’en débarrasser, il revient de plus belle et il paralyse.

TRAVAILLER SUR SON ÉTAT D’ESPRIT

Et c’est là qu’il faut être plus forte que lui et redoubler d’efforts. Clairement, ça revient à avoir l’impression de pédaler dans la semoule. Et finalement, on découvre une autre facette de l’entrepreneuriat. C’est un challenge du quotidien. Parfois Souvent, j’ai eu envie de tout abandonner et de retrouver un poste en CDI. Parce que je ne me sentais pas capable. Je m’étais lancée dans quelque chose de trop grand et je me sentais dépassée, débordée.

En fait, pour réussir dans cette aventure, je crois qu’une des clés est de travailler sur son état d’esprit, ce fameux mindset (LE mot à la mode !). Oser croire en son projet (parce que si je n’y crois pas moi-même, qui le fera ?) et surtout, se positionner en tant que cheffe d’entreprise. Car OUI, je suis à la tête d’une entreprise. Et je peux vous dire que je ne suis pas simple à manager ! ^^

Je peux vous assurer qu’après des années dans le salariat, switcher son cerveau en mode « je suis le patron, je gère un business et je dois trouver des clients », et bah c’est pas simple du tout ! Un bon coup de pied aux fesses, ça aide un peu (ah et les allocations chômages qui fondent comme neige au soleil aussi !)

CE QUE JE RETIENS DE CES PREMIERS MOIS DE FREELANCING

Se lancer à son compte n’est jamais simple. S’il y avait quelques points à tirer de mes débuts comme entrepreneure, les voici :

Ne pas attendre que tout soit parfait pour se lancer

Ça semble évident ! C’est à force de tester qu’on affine son offre. Pourtant, j’ai fait l’erreur et j’ai reculé (reculé, reculé) le moment de me lancer car je voulais que tout soit parfait. Mais ça ne sert à rien, sauf à perdre du temps !

Ne pas se comparer sur les réseaux sociaux

T’es avec ta veste pilou-pilou dans ton canapé, le chat qui ronronne à côté, une tasse de thé dans la main, le téléphone dans l’autre, entrain de scroller sur Instagram à regarder les success stories des autres. Et tu te dis que ta vie, c’est un peu de la m*rde par rapport à ces gens qui ont un super business qui cartonne ! Honnêtement, à part foutre un uppercut à ta confiance en soi qui est déjà assez fébrile, ça n’apporte pas grand chose de se comparer. Surtout à des personnes qui ont lancé leur affaire depuis 2-3 ans (là où moi, j’en suis à mes premiers mois tremblotants). Et surtout sur les réseaux sociaux où les gens mettent en avant leur réussite en taisant les échecs.

Se défaire du regard des autres

Autre vaste sujet ! Combien de fois je me suis dit « mais qu’est ce qu’on va penser de moi si je fais ça ? » ou « si je ne réussis pas, on va penser que je suis nulle » (spoiler : je me le dis encore !). Une réponse simple : on s’en balance ! Parce que plaire à tout le monde, c’est plaire à n’importe qui (Sacha Guitry). Le plus important, c’est de rester fidèle à soi-même et à ses convictions. C’est inutile de vouloir suivre la tendance à tout prix si ce n’est pas nous.

Avoir une direction pour éviter de se disperser

Je crois que c’est une des choses que j’ai le plus de mal à faire. J’ai encore du mal à avoir une vision claire sur la stratégie que je veux adopter. D’ailleurs, vision, stratégie, client idéal, positionnement sont un peu des gros mots pour moi. Alors que je SAIS que c’est primordial pour avancer. C’est un peu comme conduire en fermant les yeux. Bref, c’est un des points sur lesquels je dois me concentrer pour éviter de me manger à nouveau un mur.

Être indulgent envers soi-même

Alors là, je mets des warning, du rouge, du gras ! Bref, c’est un point fondamental ! Plutôt que de se focaliser sur ce qu’on n’a pas pu faire dans la journée ou la semaine (le problème des to do lists à rallonge impossibles à boucler…), il faut se concentrer sur les choses qu’on a réussi à avancer. Et surtout, célébrer les petites victoires du quotidien (très important !). On a souvent tendance à se focaliser sur le bout du chemin, l’objectif ultime. Alors qu’il vaut mieux se concentrer sur chaque pas qui nous rapproche de notre but. Là aussi, c’est tout un état d’esprit à adopter (encore ce fameux mindset qui nous suit partout !). Ce qui est d’autant plus difficile dans notre société actuelle où l’on veut du résultat quasi instantanément. Et bien entreprendre ce n’est pas ça. Il faut être patient. Planter les graines, les cultiver, les faire grandir, en prendre soin. Et s’il y a des intempéries en cours de route, on recommence, on change de méthode mais on avance.

Être à son compte, ce n’est pas simple : CQFD

Franchement, être freelance, c’est les montagnes russes au quotidien, il faut en être conscient. Tu baisses les bras, puis t’es super heureux, puis tu te décourages, puis tu as la flemme et tu te décourages encore. Bref, il faut s’accrocher, s’armer de patience, balayer les doutes et se dire que c’est possible. Créer son entreprise, ce n’est pas un long fleuve tranquille mais la réussite au bout du chemin n’en est que plus belle.

ET POUR LA SUITE ?

Voilà donc plusieurs mois que je me suis lancée dans cette grande aventure qu’est l’entrepreneuriat. Je n’en vis absolument pas pour le moment mais j’ai cette petite flamme au fond de moi qui me dit que c’est possible. Alors j’ai envie de l’écouter, de la faire grandir et de me prouver que je peux y arriver. Mais au-delà de la réussite financière, il y a d’ores et déjà la réussite d’avoir sauté le pas. Je n’avais jamais envisagé de me mettre à mon compte avant et pourtant, m’y voilà et quelle fierté. Maintenant, il faut consolider la base, mettre sa tenue de battante pour aller au front et se relever si ça ne fonctionne pas tout de suite. On se donne rdv dans 1 an pour un nouveau bilan !?

Merci d’avoir lu cet article jusqu’au bout !

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10 Comments

  • Reply
    TATAUTA
    22 novembre 2021 at 11h18

    Quel bel article, j’ai pleuré et j’ai ri en le lisant et j’ai ressenti les joies, les doutes, les découragements mais aussi la détermination qui te caractérise et qui te mènera, j’en suis certaine, à la réussite. Il ne peut pas en être autrement et cette belle aventure vaut la peine d »être vécue – rendez-vous dans un an. Tu crouleras sous les clients et les projets.

    • Reply
      Cannellecoriandre
      23 novembre 2021 at 10h16

      Message d’une maman à sa fille qui la fait se sentir invincible. Merci pour tout <3

  • Reply
    david
    22 novembre 2021 at 8h21

    Article tres inspiration! Bravo pour tout ce que tu as fais deja … et courage pour la suite

    • Reply
      Cannellecoriandre
      23 novembre 2021 at 10h12

      Merci pour ton message. C’est vrai qu’il est important de regarder et de se rendre compte du chemin parcouru. Cela permet de mieux avancer après.

  • Reply
    Nathalie Alonso
    19 novembre 2021 at 23h06

    On ressent dans ton propos l’ascenseur émotionnel que tu as pris ces derniers mois ! Félicitations déjà d’avoir suivi ton intuition et pour le travail accompli ! Respect ! Et bonne continuation à toi. Super contente d’avoir eu de tes nouvelles..

    • Reply
      Cannellecoriandre
      21 novembre 2021 at 18h04

      Quelle belle surprise de te retrouver ici. Je te remercie pour ton message et tes encouragements pour la suite.

  • Reply
    Eponine Secheresse
    19 novembre 2021 at 14h21

    Super article passionnant ! Quelle détermination, je suis très admirative 🌸🔥

    • Reply
      Cannellecoriandre
      19 novembre 2021 at 16h57

      Merci d’avoir pris le temps de lire l’article et de laisser un commentaire ! C’est sût qu’il faut faire preuve de détermination quand on se lance car il est très facile de baisser les bras. Mais tant qu’il y a une petite flamme, il faut persévérer ! ;).

  • Reply
    Eliana Godard
    18 novembre 2021 at 15h21

    Quel bel article et surtout tu as déjà parcouru une partie du chemin qui je te le souhaite te mènera à ton épanouissement (et bien entendu, plein de clients et projets sympas!!!) ! Hâte de lire la suite dans 1 an 😃 ! Bravo pour ton courage d’entreprendre !

    • Reply
      Cannellecoriandre
      18 novembre 2021 at 15h37

      Merci beaucoup Eliana pour ton message bienveillant et très encourageant. Cette aventure n’est pas simple tous les jours mais c’est très challenging et épanouissant. Et je pense que ces aspects sont très importants.

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